L'intelligence artificielle s'invite dans le recrutement. Elle se présente aujourd'hui comme un allié puissant, qui aide à optimiser la sélection des candidats.

Votre recruteur est un robot : vous ne le saviez pas (encore) ?

Dans un monde où le digital et l’innovation sont au cœur des stratégies d'entreprise, de plus en plus d’employeurs choisissent d’exploiter l’immense potentiel de l’IA et de l’automatisation pour rationaliser leur processus de recrutement afin de gagner en rapidité, en efficacité et en impartialité.
C’est pourquoi les compétences humaines, souvent qualifiées de « soft skills », sont de plus en plus vues comme la clé d'un succès professionnel durable.
Dans cet article, nous examinerons l'importance des soft skills dans le recrutement, ainsi que le pouvoir et les dangers potentiels du recrutement automatisé. Enfin, nous répondrons à la question cruciale : l'IA peut-elle évaluer correctement les soft skills des candidats dans le processus d'embauche ?
Quand un recruteur examine votre candidature, il cherche à déterminer si vous êtes vraiment adapté au poste pour lequel vous postulez. Il regardera bien entendu vos savoir-faire, mais souhaitera aussi en savoir un peu plus sur votre personnalité.
Aujourd’hui, vos qualités personnelles, celles qui vous distinguent de tous les autres postulants, sont très appréciées. Pourtant, elles sont souvent négligées sur les CV par les étudiants et les chercheurs d’emploi. C’est là que les soft skills entrent en jeu.

Ce sont toutes les compétences comportementales qui reflètent une partie de votre personnalité ou d'autres capacités que vous avez développées.
Selon une enquête d'OpinionWay réalisée en 2021, les compétences non techniques constituent une priorité absolue pour 68 % des employeurs.
Voici 3 raisons qui montrent que les soft skills sont devenues incontournables aujourd’hui.
1. Elles démontrent que vous êtes le candidat idéal
Les soft skills que vous mentionnez fournissent des informations précieuses. En effet, tous les emplois ne requièrent pas les mêmes. Par exemple, certains postes nécessitent davantage d'autonomie, tandis que d'autres misent surtout sur la collaboration.
2. Elles donnent plus d'indications sur votre personnalité
Plutôt que de se concentrer uniquement sur les compétences techniques lors des entretiens d'embauche, les recruteurs pourraient accorder une importance égale, voire plus grande, aux soft skills telles que la communication, la résolution de problèmes, le travail d'équipe et la gestion du temps.
Elles peuvent en dire long sur la façon dont un candidat s'intégrera dans la culture de l'entreprise et interagira avec ses collègues.
3. Elles peuvent vous différencier des autres candidats
Quantité de candidats décident de faire l’impasse sur les compétences comportementales dans leur CV. Pourtant, elles sont un atout concurrentiel. Elles offrent notamment une perspective supplémentaire sur votre profil et votre adaptabilité en entreprise. En les mettant en avant, vous augmentez vos chances de convaincre de votre aptitude à vous intégrer harmonieusement dans un nouvel environnement professionnel, mais pas seulement ! Ces compétences dites adaptatives vous permettront de garantir votre performance et de renforcer votre employabilité.
Si on analyse l’étude publiée par LinkedIn Learning en 2020, voici le top 5 des soft skills les plus demandées :
Vous avez bien compris, les soft skills ne sont plus un « nice-to-have » mais bien un « must-have » dans le CV.
Mais:
L'intelligence artificielle et le Big Data révolutionnent la façon dont les employeurs identifient et engagent des talents, tout en simplifiant le travail des professionnels des RH.
Selon la SHRM (2022), 79 % des organisations qui utilisent une forme d'IA ou d'automatisation dans leurs RH s'en servent pour le recrutement et l'embauche. Grâce à ces technologies, les algorithmes peuvent affiner les critères de recherche avec plus de précision, facilitant ainsi la rencontre entre les compétences recherchées et les candidats potentiels. Certains proposent un matching fondé sur des règles fixées par l’employeur, puis analysent les CV au regard de ces règles.
De plus, grâce au « machine learning », certains programmes savent améliorer leurs performances sur une tâche sans avoir été explicitement programmés pour cela.
Les recruteurs qui utilisent ce type de nouvelle technologie pourront ainsi être plus efficaces et se recentrer sur les autres tâches inhérentes à leur métier, telles que les entretiens ou l'accompagnement des collaborateurs.
Si les logiciels utilisés dans le recrutement sont construits pour aider et soulager les services RH au quotidien, ils ne peuvent pas les remplacer entièrement. Selon nous, ils ont un rôle crucial surtout pour :
1. Faciliter le sourcing
L'identification et la présélection des candidats sont souvent des tâches chronophages. Pour gagner en efficacité, les équipes de recrutement peuvent recourir à des outils automatisés et mettre en place un « sourcing autonome ».
Par exemple, la plateforme Beamery analyse de grandes quantités de données provenant de sources diverses, afin de repérer les profils les plus adaptés aux besoins de chaque employeur. Elle aide à trouver et à approcher de façon proactive les personnes recherchées, tout en facilitant la personnalisation des échanges avec les candidats.

2. Identifier les talents en adéquation avec le poste / l’entreprise
Parfois, une équipe RH est confrontée à la difficulté, voire à l'impossibilité, de trier manuellement le grand nombre de CV qu'elle reçoit. Dans de telles situations, un tri automatisé peut être une solution efficace !
Un article de la Harvard Business Review (2014), qui synthétise 17 études, indique que se fier à un algorithme plutôt qu'à son instinct pour recruter augmente d'au moins 25 % les chances de choisir le bon candidat.
Voici quelques solutions disponibles dans ce domaine :
3. Gérer la mobilité interne
Les départements des ressources humaines détiennent souvent des informations sur les compétences, les forces et les aspirations des employés. Mais ils ne savent pas toujours en tirer parti, notamment pour repérer les salariés qui manifestent une volonté de mobilité dans l’entreprise et qui feraient de bons candidats internes.
Dans ce contexte, l'intelligence artificielle peut venir en aide. Des solutions logicielles de « matching » utilisent des algorithmes pour mettre en relation les salariés qui souhaitent évoluer en interne avec les postes vacants qui correspondent à leurs compétences.
Certains éditeurs proposent déjà un algorithme qui diffuse de façon automatisée et ciblée les offres d'emploi internes aux employés concernés, afin qu'ils puissent postuler ou recommander des contacts de leur réseau.

Si ces outils nous offrent des possibilités assez incroyables pour automatiser des tâches chronophages, ils sont loin d’être parfaits.
De nombreuses limites existent et peuvent comporter des risques dont les entreprises doivent se prémunir, notamment :
Le test de personnalité PAPI offre une perspective complémentaire sur les comportements et préférences professionnels.
Bien que l'intelligence artificielle excelle dans l'analyse de données objectives, mesurer des soft skills telles que la créativité, l'intelligence émotionnelle ou le leadership demeure un défi.
Les soft skills nécessitent souvent une évaluation humaine approfondie pour être pleinement comprises. Ainsi, combiner l'IA et le jugement humain peut s'avérer la meilleure approche pour un processus de recrutement efficace.
L'IA peut-elle détecter vos soft skills ?
Juste au-dessus, nous avons décrit de façon générale les risques du recrutement automatisé. Allons maintenant dans le détail pour les soft skills.
Parmi les outils existants, l'évaluation Saville se distingue par sa mesure ciblée des soft skills.
La formation aux soft skills permet d'accompagner cette transformation en développant les compétences comportementales essentielles.
Donc, évaluer les soft skills par un algorithme, c'est un casse-tête.
Mais attendez, l'IA n'est pas inutile pour autant ! Elle peut analyser des données et repérer des modèles que l'humain raterait.
Alors, c'est quoi la solution ?
Si l'IA seule ne suffit pas, combinée au jugement humain, elle peut devenir un outil précieux.
Prenons l'exemple de Soft Skill Scan, qui peut analyser des données objectives et identifier des modèles de comportement subtils, permettant de dresser un profil précis des soft skills d'une personne.
Si elle apporte un vrai soutien aux recruteurs au quotidien, l’IA reste un outil et ne remplace pas le métier de recruteur en lui-même.
Une étude de la Harvard Business School et d'Accenture (2021), menée aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne auprès de plus de 8 700 personnes au chômage ou sous-employées et de près de 2 300 dirigeants, remet en question l'utilisation de filtres automatiques trop stricts qui entraînent le rejet en masse de CV « atypiques ». Ces filtres écartent automatiquement les candidatures comportant trop d'emplois à temps partiel, une période de chômage de longue durée ou nécessitant des aménagements spécifiques. Aux États-Unis seulement, l'étude estime à 27 millions le nombre de ces « travailleurs cachés » que les logiciels tiennent à l'écart.
Un autre exemple est celui d'Amazon, qui a cessé d'utiliser un logiciel prédictif pour ses recrutements lorsque le groupe a constaté qu'il discriminait les femmes. La raison en était que les mots-clés analysés étaient plus fréquemment utilisés par les hommes, qui étaient également plus nombreux à postuler chez Amazon.
Retenons-le : bien que l'IA soit une aide précieuse au recrutement, il est crucial de reconnaître ses limites et de ne pas la considérer comme un substitut complet au jugement humain. Cet enjeu dépasse d'ailleurs le seul recrutement : il se retrouve aussi une fois les équipes en place, par exemple dans l'accompagnement des managers de proximité, comme le montre notre cas client Carlex.
Le recrutement se robotise ? Oui, mais les soft skills restent la boussole des recruteurs. Collaboration, leadership, créativité... l'IA, avec ses gros cerveaux numériques, excelle à analyser des chiffres, mais elle a du mal à cerner ces nuances.
Pour prolonger la réflexion, retrouvez notre webinaire Rising Up x Adobe : quel sera le futur du travail.
Alors, pas de panique ! L'IA n'est pas votre ennemi juré. Imaginez-la plutôt comme votre copilote : elle vous guide à travers des montagnes de données, pendant que vous gardez le cap sur les candidats, en comprenant leurs motivations profondes.
Et pour mesurer les soft skills en situation, des outils comme Soft Skill Scan sont vos alliés.
Bref, l'IA et l'humain, main dans la main, pour un recrutement plus intelligent et plus efficace !
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