Le règlement européen sur l'IA classe les outils d'évaluation des candidats parmi les systèmes à haut risque. Obligations, calendrier et questions à poser à vos prestataires.

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle (AI Act) est entré en vigueur en août 2024, et ses obligations s'appliquent par vagues successives jusqu'en 2027. Pour les directions RH, un point mérite une attention immédiate : les systèmes d'IA utilisés pour recruter, évaluer ou promouvoir des personnes sont classés parmi les systèmes à haut risque. Concrètement, qu'est-ce que cela change pour vos outils d'évaluation des candidats ?
L'AI Act (règlement UE 2024/1689) répartit les systèmes d'IA en niveaux de risque : pratiques interdites, haut risque, risque limité, risque minimal. L'annexe III du règlement place explicitement dans la catégorie haut risque les systèmes utilisés pour le recrutement et la sélection de personnes, notamment pour diffuser des offres ciblées, trier des candidatures et évaluer des candidats.
La logique du législateur est simple : une décision d'embauche affecte l'accès d'une personne à l'emploi, donc à ses moyens de subsistance. Un système automatisé qui influence cette décision doit répondre à des exigences renforcées de transparence, de robustesse et de contrôle humain.
Un point est encore plus strict : la reconnaissance des émotions sur le lieu de travail fait partie des pratiques interdites par l'article 5 du règlement, sauf exceptions étroites liées à la sécurité ou à des raisons médicales. Un outil qui prétend inférer l'état émotionnel d'un candidat à partir de sa voix ou de son visage pendant un entretien vidéo entre dans une zone rouge, pas seulement dans une zone grise.
Pour les systèmes à haut risque, l'AI Act impose des obligations qui pèsent d'abord sur le fournisseur de l'outil, mais aussi sur l'entreprise qui le déploie. Les grandes familles d'exigences :
Côté employeur, deux réflexes s'imposent dès maintenant : informer les candidats et les représentants du personnel lorsqu'un système d'IA à haut risque est utilisé dans le processus, et garantir qu'une personne formée supervise réellement les résultats au lieu de les valider mécaniquement.
Beaucoup d'outils du marché ont été conçus avant ce cadre réglementaire. Pour un DRH, la conformité ne se vérifie pas dans la plaquette commerciale mais dans les réponses précises du fournisseur. Cinq questions à poser :
Un fournisseur solide répond à ces cinq questions par écrit. Un fournisseur fragile répond par une démonstration produit.
Rising Up n'a pas eu à se réinventer pour l'AI Act, parce que ses choix de conception initiaux vont dans le même sens que le règlement.
Un référentiel public. Le référentiel des 18 core skills est publié et consultable : familles, définitions, comportements observables. Ce que le Soft Skills Scan mesure est documenté noir sur blanc, ce qui répond directement à l'exigence de transparence. La mécanique d'évaluation reste propriétaire, comme le permet le règlement, mais le cadre scientifique, lui, est vérifiable.
Une aide à la décision, jamais une décision automatisée. Le Soft Skills Scan produit un score et une analyse comportementale que le manager ou le recruteur interprète. L'outil éclaire la décision humaine, il ne la remplace pas. C'est exactement la logique de surveillance humaine que l'AI Act impose aux systèmes à haut risque.
Pas d'analyse émotionnelle faciale ou vocale. L'évaluation repose sur des mises en situation professionnelles écrites et contextualisées, pas sur l'inférence d'états émotionnels à partir de signaux biométriques.
Un cadre scientifique audité. Reconnue Deeptech par le Conseil européen de l'innovation (EIC) en 2023, labellisée Numérique Responsable (NR1) et titulaire de l'agrément CIR, Rising Up inscrit sa méthode dans une démarche de recherche documentée, menée sous la direction de son équipe scientifique en collaboration avec des chercheurs du CNRS, de l'ENS-PSL et de l'Université Paris Cité.
Pour les établissements et les entreprises qui souhaitent aller plus loin, la certification des compétences comportementales s'appuie sur ce même cadre documenté : ce qui est certifié est défini, mesurable et traçable.
Le calendrier de l'AI Act est progressif, mais la direction est fixée : les outils d'évaluation de candidats devront démontrer ce qu'ils mesurent, comment, et sous quel contrôle humain. Les entreprises qui recrutent ont donc intérêt à auditer leurs outils dès maintenant, plutôt que de découvrir en 2027 qu'un maillon de leur processus ne tient pas.
Ce mouvement réglementaire rejoint un mouvement de fond du marché : selon l'Apec, 41 % des entreprises qui recrutent des cadres évaluent désormais formellement les soft skills, soit 9 points de plus en un an. Plus l'évaluation comportementale se généralise, plus la qualité scientifique et juridique des outils devient un critère de choix.
La question n'est plus « faut-il évaluer les soft skills ? » mais « avec quel outil pouvez-vous le justifier, devant un candidat comme devant un régulateur ? ». Un test de recrutement fondé sur les sciences cognitives, adossé à un référentiel public et conçu comme une aide à la décision, répond aux deux exigences à la fois.
Pour prolonger la réflexion sur la place de l'IA dans les processus RH, lisez notre analyse sur le rôle de l'IA face aux recruteurs.
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