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Savoir, savoir-faire, savoir-être : définitions, tableau comparatif et exemples

Le triptyque savoir, savoir-faire, savoir-être expliqué : définitions précises, tableau comparatif, exemples professionnels concrets et lien avec les soft skills et les 18 core skills Rising Up.

Nawal Abboub
Nawal est experte en neurosciences.
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Savoir, savoir-faire, savoir-être : le triptyque expliqué

Dans le monde de la formation professionnelle et de la gestion des compétences en France, un triptyque revient systématiquement : savoir, savoir-faire, savoir-être. C'est le cadre de référence utilisé par les DRH, les organismes de formation, France Travail (ex Pôle emploi), le RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) et la plupart des écoles.

Mais que signifient précisément ces trois termes ? Quelle est la différence entre savoir-faire et savoir-être ? Où se placent les soft skills dans ce cadre ? Et surtout, comment évaluer chaque dimension de manière objective ?

Chez Rising Up, notre équipe scientifique en sciences cognitives (CNRS, ENS-PSL, EHESS) travaille depuis plus de 10 ans à donner des définitions rigoureuses à ces concepts largement utilisés mais souvent flous. Cet article vous propose :

  • Les définitions précises des 3 dimensions
  • Un tableau comparatif pour bien les distinguer
  • Des exemples concrets issus du monde professionnel
  • Le lien avec les soft skills et le référentiel scientifique des 18 core skills Rising Up
  • Comment mesurer chaque dimension de manière objective

Origine du triptyque savoir / savoir-faire / savoir-être

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Le triptyque savoir / savoir-faire / savoir-être vient de la formation professionnelle française, popularisé dans les années 1970 par le pédagogue Bertrand Schwartz dans le cadre de sa réflexion sur l'éducation permanente des adultes.

Ce cadre a été adopté par France Travail, l'ANFA (Association Nationale pour la Formation Automobile), la CGT-Formation, l'AFPA, et plus tard formalisé dans les référentiels de certifications professionnelles du RNCP. C'est aujourd'hui un standard implicite du monde RH français.

Dans les pays anglo-saxons, le triptyque équivalent est knowledge / skills / attitudes (KSA), utilisé notamment dans les modèles de compétences des ressources humaines internationales.

Définition précise des 3 dimensions

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Le savoir

Le savoir désigne les connaissances théoriques qu'une personne possède sur un sujet. C'est ce qu'elle sait, ce qu'elle a appris, ce qu'elle peut expliquer ou restituer.

Exemples de savoirs professionnels :

  • Un développeur qui connaît la syntaxe Python
  • Un juriste qui connaît le droit du travail
  • Un commercial qui connaît son marché sectoriel
  • Un manager qui connaît les théories de la motivation
  • Un ingénieur qui maîtrise les principes de la thermodynamique

Le savoir s'acquiert principalement par la formation formelle (école, université, formation continue), la lecture, la veille professionnelle. Il se transmet et s'évalue relativement facilement (examens, certifications, mise à l'épreuve).

Le savoir-faire

Le savoir-faire désigne les compétences techniques et pratiques d'une personne : sa capacité à mettre en œuvre concrètement ce qu'elle sait. C'est ce qu'elle sait faire.

Exemples de savoir-faire professionnels :

  • Écrire du code Python fonctionnel pour un projet en production
  • Rédiger un contrat de travail conforme au droit
  • Négocier une vente B2B complexe
  • Conduire un entretien de management structuré
  • Concevoir un moteur thermique répondant à des specs précises

Le savoir-faire s'acquiert par la pratique répétée, l'expérience, la formation en situation, le compagnonnage. Il correspond très largement à ce qu'on appelle les hard skills dans le vocabulaire international.

Le savoir-être

Le savoir-être désigne les compétences comportementales et relationnelles d'une personne : sa manière d'interagir avec son environnement professionnel. C'est ce qu'elle est, ou plus précisément comment elle se comporte en situation.

Exemples de savoir-être professionnels :

  • Rester calme et lucide dans une réunion sous tension
  • Écouter activement un collaborateur en difficulté
  • Prendre l'initiative sur un sujet non couvert
  • Ajuster son discours à son interlocuteur (chef, pair, client)
  • Persévérer face à un objectif difficile

Le savoir-être s'acquiert principalement par l'expérience contextuelle, les modèles d'apprentissage (managers, mentors, pairs), le feedback, et la réflexivité sur ses propres comportements. Il correspond très largement à ce qu'on appelle les soft skills dans le vocabulaire international.

Tableau comparatif savoir / savoir-faire / savoir-être

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Voici les 3 dimensions résumées et comparées sur les critères clés utilisés en gestion des compétences.

Critère Savoir Savoir-faire Savoir-être
Nature Connaissances théoriques Compétences techniques Compétences comportementales
Objet mesuré Ce qu'on sait Ce qu'on sait faire Comment on se comporte
Mode d'acquisition principal Formation formelle Pratique + expérience Expérience contextuelle + feedback
Mode d'évaluation classique Examen, certification Mise en pratique, portfolio Entretien, mise en situation
Terme international équivalent Knowledge Skills / Hard skills Attitudes / Soft skills
Exemple concret Connaître les lois du droit du travail Rédiger un contrat conforme Rester posé face à un litige
Formation typique Cours magistral TP, stage, alternance Coaching, mise en situation, feedback
Contextualisation Souvent générique Souvent générique Toujours contextuelle
Stabilité dans le temps Peut se perdre (oubli) Se perd sans pratique Modulable en permanence

Où se placent les soft skills dans ce triptyque

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Les soft skills (compétences comportementales) correspondent principalement au savoir-être, mais avec des nuances importantes.

Soft skills ≠ savoir-être exactement

Dans son acception française classique, le savoir-être englobe des dimensions comportementales larges : politesse, ponctualité, présentation, respect de l'autorité. Certaines dimensions du savoir-être sont donc plus liées au « comportement au travail » qu'aux compétences cognitives complexes.

Les soft skills sont plus précises. Elles correspondent à des compétences cognitives et comportementales entraînables qui produisent une performance observable : régulation émotionnelle, raisonnement dans l'incertitude, flexibilité mentale, influence assertive, etc.

En sciences cognitives contemporaines, on parle plutôt de core skills que de savoir-être, pour souligner leur caractère central dans la performance professionnelle et leur ancrage scientifique.

Le référentiel Rising Up des 18 core skills

Notre équipe scientifique a formalisé un référentiel de 18 core skills organisées en 3 familles (voir notre article complet sur les 18 core skills à maîtriser en 2026).

  • Leadership & Collaboration : régulation émotionnelle, empathie, influence assertive, positivité, prise d'initiative, flexibilité mentale
  • Innovation & Communication : raisonnement dans l'incertitude, raisonnement divergent, raisonnement logique, curiosité, raisonnement synthétique, prise de parole en public
  • Efficacité opérationnelle : persévérance, planification, monitoring, efficacité, réactivité, rigueur

Chacune de ces 18 core skills est définie précisément (voir l'article référentiel), mesurable en contexte, et entraînable. C'est ce qui les distingue des « traits de personnalité » mesurés par les tests psychométriques classiques (PAPI, 16PF, DISC, MBTI, Hogan).

Comment évaluer chaque dimension

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Chaque dimension du triptyque appelle des méthodes d'évaluation différentes.

Évaluer le savoir

Les méthodes classiques sont bien connues et éprouvées :

  • Examens écrits ou oraux
  • Certifications professionnelles
  • QCM et tests de connaissances
  • Entretien technique structuré

Ces méthodes ont une forte validité : elles mesurent bien ce qu'elles prétendent mesurer (les connaissances). Le principal risque est de mesurer seulement la restitution, pas la compréhension profonde.

Évaluer le savoir-faire

Les méthodes classiques :

  • Mise en pratique sur un cas réel (portfolio, exemple de code, contrat rédigé)
  • Simulation de tâche métier
  • Stage ou période d'essai
  • Certification professionnelle avec épreuve pratique

La validité est modérée à forte, à condition que la mise en situation soit suffisamment représentative du poste réel.

Évaluer le savoir-être (soft skills)

C'est la dimension la plus difficile à évaluer objectivement. Les méthodes classiques ont toutes des limites importantes :

  • Entretien traditionnel : forte influence de biais cognitifs (halo, similarité, désirabilité sociale)
  • Tests psychométriques classiques (PAPI, 16PF, MBTI, Hogan, DISC) : auto-évaluation déclarative, biais de désirabilité sociale de 20 à 40 %
  • Prise de références : subjective, souvent biaisée par la relation entre référent et candidat
  • Assessment center classique : coûteux, difficile à standardiser entre évaluateurs

L'approche scientifique moderne repose sur la mesure comportementale contextualisée, qui observe ce que fait la personne face à des situations concrètes, pas ce qu'elle déclare être.

La solution scientifique moderne : le Soft Skill Scan Rising Up

Le Soft Skill Scan de Rising Up, reconnu innovation de rupture par le Conseil Européen de l'Innovation, propose une évaluation objective du savoir-être professionnel en 20 minutes.

Sa méthodologie combine deux dimensions complémentaires :

  • Des mises en situation dynamiques où le candidat doit réagir à des dilemmes professionnels concrets, calibrées sur plus de 10 années de recherche sous la direction du Dr Nawal Abboub. Pas de « bonne réponse » évidente, donc pas de possibilité de tricher.
  • Un questionnaire structuré pour comprendre les habitudes de travail réelles du candidat, et non ce qu'il déclare faire en théorie.

Le résultat : un profil comportemental sur les 18 core skills, présenté en points forts et points de vigilance, avec un score de compatibilité poste sur une échelle simple : Compatible / À approfondir en entretien / Incompatible.

C'est une aide à la décision du manager, pas un oracle. La décision finale appartient toujours au manager, après analyse du Scan et conduite de l'entretien.

FAQ savoir / savoir-faire / savoir-être

Peut-on mesurer le savoir-être objectivement ?

Oui, à condition d'utiliser des méthodes comportementales contextualisées, pas de l'auto-évaluation déclarative. Le Soft Skill Scan de Rising Up est un exemple de méthode qui mesure ce qu'on fait, pas ce qu'on dit qu'on est.

Le savoir-être est-il inné ?

Non. Il se construit tout au long de la vie à travers les expériences, les modèles, le feedback. Certains éléments sont acquis très tôt (famille, école), mais tout est modulable dans le temps avec un cadre d'entraînement approprié.

Quel est le lien entre savoir-être et traits de personnalité ?

Le savoir-être est contextuel et entraînable. Les traits de personnalité (extraversion, ouverture, etc.) sont supposés stables et génériques. Une même personne peut avoir un savoir-être différent selon les contextes (calme en famille, tendu au travail par exemple).

Comment développer le savoir-être en entreprise ?

Trois leviers principaux : l'exposition répétée à des situations d'entraînement, le feedback qualitatif structuré, la mesure objective régulière pour objectiver les progrès. Voir notre article sur définir soft skill pour plus de détails.

Le RNCP utilise-t-il ce triptyque ?

Oui, mais avec des variantes. Les référentiels du RNCP distinguent généralement les compétences (savoir + savoir-faire) des capacités et attitudes (savoir-être). Le vocabulaire s'harmonise progressivement avec les standards internationaux (knowledge / skills / attitudes).

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